Le Poisson Rêveur

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Ecoute de l'Intégrale Mozart - Thème 1 : petit opéra à part (der Schauspieldirektor)

25 octobre 2006 · Le Poisson Rêveur

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Initialisation d’une Catégorie : Intégrale Mozart (35 ans de génie - 170 CDs - 4 Kg de musique).

De très bons amis ont eu en effet l’excellente (et plutôt contraignante) idée de m’offrir le controversé coffret “Mozart : l’Intégrale” édité par Brilliant Classics…

Plusieurs façons d’aborder ce paquet de près de 4 kg de musique :

  • l’écoute méthodique et critique des 170 CDs selon la tradition du “catalogue raisonné” (prévoir trois ans à raison d’un disque par semaine - renouveler le traitement si nécessaire…),
  • une focalisation (un peu perverse) sur les oeuvres les plus fameuses pour se convaincre à quel point elles sont massacrées par rapport aux versions de références,
  • prendre l’occasion de découvrir une partie méconnue de l’oeuvre de Mozart, digne d’intérêt et injustement délaissée par les mélomanes.

Nous retiendrons donc la troisième option selon un ordre complètement guidé par l’humeur du temps au moment où l’on extirpe un des 170 CDs du désormais célèbre coffret cartonné rouge rubis…

Aujourd’hui, occasion d’apprécier à nouveau un Singspiel peu connu de Mozart (cela fait, pour ma part près de dix ans que je ne l’avais pas écouté) : der Schauspieldirektor (le Directeur de Théâtre) (volume 9 “Operas” - CD 31 de l’intégrale Brilliant Classics)… Pour la découverte de l’intrigue et le contexte de composition de cette oeuvre, se référer à la quarantaine de lignes écrites par Jean et Brigitte Massin dans leur Mozart chez Fayard (pages 1006 et 1007 de l’édition d’août 1990).

Premier constat : Brilliant Classics ne traite pas la notion “d’intégrale” à moitié, nous assénant sans scrupule la totalité de l’oeuvre à savoir près d’une demi heure de texte récité en Allemand sans le moindre livret de traduction (musique d’opéra genre “Low Cost” comme on dit dans le transport aérien). On arrive toujours à destination, mais pour le service à bord, on repassera… Uniquement conseillé pour les germanophiles tentés par un émerveillement hypothétique à l’écoute du texte (certainement confondant) du librettiste d’occasion pour cette oeuvre, à savoir Stephanie le jeune.

Rappelons que ce Singspiel d’un acte a été commandé à l’occasion des fêtes de réception organisées pour la visite du gouverneur des Pays-Bas à Vienne. Le label néerlandais semble donc “renvoyer l’ascenseur” en enregistrant la totalité de cette oeuvre histoire de rappeler sa haute signification diplomatique !

Plus sérieusement, que retenir de cette oeuvre “intermédiaire” du grand Wolfgang ?

A coup sûr, l’ouverture pétillante (suffisamment connue pour être déSchauspieldirektor2_1sormais téléchargeable comme… sonnerie de portable…), d’une verve directement dans la lignée de l’ouverture des Noces(dont Mozart finalise les réglages exactement la même année, soit 1786). Sinon, parmi les arias, plus spécifiquement le piquant Terzetto impliquant, non sans finesse et ironie de la part de Mozart, les protagonistes à coup de surenchère sur les vocalises : Monsieur Vogelsang (littéralement “chant d’oiseau”), Madame Silberklang (timbre d’argent) et Madame Herz (madame “coeur”)…

Parmi les interprètes de cette version de … 1968 (dans le genre enregistrement inédit pour l’année Mozart, on fait mieux…) sous la Direction d’Helmut Koch à la tête du Kammerorchester de Berlin, on notera la présence du grand Peter Schreier dont on se demande comment il a pu “atterrir” entre deux sopranos frôlant la caricature et un orchestre parfois à la limite de l’anémique (qu’est-il arrivé à Helmut Koch ce jour là ?)… Note finale… : 5/10 (et encore…).

Quitte à découvrir ce “simili opéra” dans de dignes conditions, rappelons la version de référence , à savoir celle de John Pritchard dirigeant le Philharmonique de Vienne avec pas moins que… Kiri Te Kanawa, Edit Gruberova et Uwe Heilmann, la partie récitée en moins (35’ de pure musique, de justesse, d’élégance et de musicalité…) - Label DECCA.

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Cette oeuvre est finalement amusante, sorte d’intermède… Elle a pris naissance lors de cette divine année dans la création de Mozart (la fameuse année 1786) entre les Noces de Figaro et le Concerto pour piano N°23 K 488 en La majeur (pas moins que cela !).

Quelques extraits du Singspiel tirés du site MOZART.AT.

Suite au prochain CD de l’intégrale…