Le Poisson Rêveur

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Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 4 : Adagio familier d'une Sérénade méconnue

28 novembre 2006 · Le Poisson Rêveur

Ma découverte de l’intégrale Mozart du Label Brilliant Classics continue. Du coffret rubis de 4 Kg et des 170 CDs, j’extrais le CD 17 du Volume 3 (Sérénades -Divertimenti-Dances). Ce CD est intégralement consacré à la Sérénade “Gran Partita” en si bémol majeur K 361 pour instruments à vents.

Mozart_edition_5 Cette sérénade tient une place bien à part dans les différentes oeuvres de ce type écrites par Mozart. Le fait qu’il s’agisse d’une pièce “protocolaire” uniquement pour instruments à vents n’a rien d’anecdotique, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Assez développée (plus de 50 minutes) et de grande ampleur (en principe 13 instruments), cette pièce a semble-t-il été écrite pour les solistes de l’ancien orchestre de Manheim, réputés pour être parmi les meilleurs instrumentistes de leur époque. Je vous renvoie au Mozart de Brigitte et Jean Massin (Fayard - pages 876 / 877 - édition août 1990) pour d’autres précisions sur le contexte de composition de cette oeuvre.

J’ai extrait cette sérénade de notre pack intégral pour la simple raison qu’elle est paradoxalement à la fois méconnue et pourtant presque familière. Même s’il elle a fait l’objet d’un certain nombre d’enregistrements de qualité extrêmement variable, elle ne compte vraiment pas parmi les pièces les plus illustres de Mozart.

Pourtant, un des mouvements nous est extrêmement familier, à savoir l’Adagio. Ce splendide mouvement particulièrement méditatif et mélancolique, incite à une certaine rêverie. Je suppose en outre que sa ligne mélodique principale, couplée avec un soutien rythmique permanent demande une grande précision et finesse d’exécution. Il faut un juste équilibre entre la lenteur d’un Adagio et une certaine fermeté rythmique pour rester dans le style mozartien. C’est justement ce à quoi ne parviennent malheureusement pas les solistes de l’Orchestre de Chambre d’Europe, dirigés par Alexander Schneider dans ce disque Brilliant Classics de l’intégrale Mozart. Ils jouent un peu “plan-plan” et plus de cinquante minutes d’interprétation d’instruments à vent dans ces conditions est un calvaire que je ne souhaite à personne. Je conseille donc de se contenter de l’Adagio.

J’ai trouvé par hasard une version incomparablement plus légère et subtile de ce mouvement par Philippe Herreweghe, dirigeant l’Harmonie des Champs-Elysées (label Harmonia Mundi - Disque Mozart 2006 qui avait été fourni gratuitement avec le Monde de la Musique de décembre 2005).

Sinon, pour terminer cette note, je vous propose de deviner avec quelle(s) autre(s) oeuvre(s) de Mozart cet Adagio a des similitudes. A l’écoute répétée de ce mouvement, je suis intimement persuadé de l’avoir déjà écouté dans un autre contexte. Une des pistes, est la similitude troublante de quelques mesures au milieu du morceau avec celles du deuxième mouvement (Andante) du célèbre concerto N°21 pour piano et orchestre K 467 en ut majeur. C’est particulièrement troublant entre les minutages 1‘59” et 2‘19”. Il y a là incontestablement le même type de climat emprunt à la fois de mélancolie mais aussi d’une certain majesté. Brigitte et Jean Massin font, quant à eux, référence au 7ème quatuor de Beethoven…

Si vous avez trouvé d’autres clés, je serais particulièrement intéressé !

Extrait de l’Adagio tiré du site MOZART.AT.

Extraits du concerto pour piano N°21 en ut majeur K 467 sur le même site.

Sinon, pour terminer le jeu des correspondances, je tiens à rappeler le splendide disque récent enregistré par Maurizio Pollini (voir note du 7 octobre) qui couple le concerto pour piano N°21 mentionné dans cette note et le N°17.