Morceau choisi N°8 : Lamento della Ninfa
Il est certain que parmi les pièces à emporter sur l’île déserte, je prendrai en priorité le VIIIème livre des madrigaux de Monteverdi. Toutes les bases de l’art lyrique des trois siècles qui vont suivre sont déjà concentrées dans ce recueil de “madrigaux de guerre et d’amour “.
Ma version de chevet reste celle de Jordi Savall, essentiellement pour sa sensualité et son mystère. Un jour où mon tempérament sera plus enclin au belliqueux, c’est alors celle de Gabriel Garrido qui l’emportera.
Mon introduction à ces chef d’oeuvre s’est d’abord faite en dénichant un disque en solde à New York il y a vingt ans : l’enregistrement fait par Edwin Loehrer, à la fin des années soixante, avec l’ensemble Lugano Chamber Society Orchestra and Chorus (label Accord) . J’ai appris par la suite que cette version, couplée avec la Bataille de Tancrède et Clorinde, a toujours été considérée comme une référence dans la mesure où elle constituait un des tous premiers enregistrements à avoir fait redécouvrir ces splendides pièces (cf. également le lien direct vers Amazon depuis la colonne de droite du weblog, rubrique AU SOMMET). Il se trouve que la pochette du disque représente également un des tableaux de la Renaissance italienne qui m’ont le plus marqué, à savoir l’une des deux batailles de San Romano de Paolo Uccello (celle des Offices à Florence).
Toutes les pièces de ce VIIIème livre (arias, ballos…) sont splendides. Le choc a été pour moi, notamment dans la version d’Edwin Loehrer le Lamento della Ninfa , où la soliste soprano déploie sa complainte, accompagné par un choeur d’hommes singulièrement envoûtant.
Depuis, ce passage, gravé dans ma mémoire, demeure un de mes morceaux de musique chantée préférés.