Le Poisson Rêveur

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Kozena - Rattle au service de Mozart : plaisant mais sans plus

4 octobre 2006 · Le Poisson Rêveur

Dans la série des “moi aussi j’ai quelque chose à dire (voire à gagner…) sur Mozart” dans la cacophonie des célébrations commercialo-médiatiques de la 250ème anniversaire de la mort de ce cher Wolfgang… Rencontre supposée être au sommet entre les tourtereaux Madalena Kozena et Simon Rattle (la première au disque semble-t-il…), avec l’excellent orchestre “The Age of Enlightenment” et la participation de Jos Van Immerseel (voir catégorie haute tension du blog) au pianoforte.

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Que dire de ce disque ?… Deux écoutes possibles :

  • les inconditionnels de Magdalena Kozena (dont je fais partie) peuvent se laisser bercer par la couleur, la sensualité de son timbre mezzo particulièrement envoûtant ;
  • ces mêmes inconditionnels peuvent toutefois un tout petit peu raison garder et considérer que nombre de choix dans ce disque sont inappropriés (ex : air de Despina / Cosi “In uomini, in soldati” : par le timbre même de la voix, le tempérament, la distanciation si caractéristique de M. Kozena, elle est tout sauf une Despina… vraiment contre nature !)

Je ne retiendrai finalement qu’un seul air de ce disque d’une beauté à tirer des larmes, comme sait le faire notre redoutable Mozart : l’aria “Ch’io mi scordi di te ? - Non temer, amato bene”, adaptation d’un air d’Idamante dans Idoménée. Tous les ingrédients de l’opéra mozartien sont concentrés dans cet air de 10’.

A la fin du récitatif d’introduction, la montée interrogative du “Come tentarlo ?” ressort tel un chant plaintif comme Mozart sait si admirablement les transcrire. Point en suspension, sorte d’interrogation pour annoncer le rondo, avec l’entrée d’un piano forte pétillant mais à l’écoute permanente de la chanteuse. Le dialogue s’instaure alors pour notre plus grand bonheur, comme dans une forme concertante. Ensuite, changements permanents de climat, l’alternance majeur / mineur avec toujours le génie de notre petit salzbourgeois préféré… L’ensemble est très homogène et Immerseel arrive à se contenir. Sur cet air, Kozena nous dévoile encore son grand art.

Le reste du disque reste nettement moins convainquant car la retenue est finalement peut-être trop de rigueur (ex : l’air de Fiordiligi qui demande une tension incroyablement plus forte).

Une petite curiosité (dont on se lasse malheureusement vite) : les ornementations ajoutées par Domenico Corri sur le célèbre air de Chérubin des Noces (Voi che sapete)… Un peu bizarre parfois…

Tout cela est propre, net et le niveau technique des ces interprètes est irréprochable. Nos deux protagonistes sont beaux, rayonnants, l’orchestre d’une justesse indéniable et le Marketing de Polygram toujours efficace… Tout cela ne suffit pas pour servir dignement ce sacré Mozart !

Mozart Arias - Magdalena Kozena - Simon Rattle - Orchestra of the Age of Enlightenment - Label Archiv Produktion.

Intéressant lien vers des audios et vidéos clips disque tirés du Site Deutsche Grammophon / Archiv Produktion (sur la colonne de gauche, cliquer sur “multimedia”), incluant un clip sur l’enregistrement de “No temer, amato bene”.

Lien direct vers le ePlayer du site contenant des extraits.