Pollini - Mozart : haute densité
Plus de trente ans après l’enregistrement de deux concertos pour piano de Mozart avec Karl Böhm (avec notamment une version historique du 23ème en la majeur - voir colonne “Au sommet” du blog), Maurizio Pollini prend le pari risqué de nous éblouir au clavier et à la tête du Philharmonique de Vienne avec deux concertos emblématiques : le 17ème en sol majeur et le 21ème en do majeur.
Pari largement tenu. Dans la surenchère des interprètes qui se bousculent pour se faire “mousser” sur Mozart en cette année de célébration mercantile du 250ème anniversaire de Wolfgang, Pollini joue “hors concours”. Il fait partie de cette race des seigneurs du clavier qui transcendent littéralement les lectures précédentes des oeuvres qu’ils approchent.
Musicalité, sens travaillé des nuances, densité phénoménale du toucher, agilité quasi-surnaturelle de la main droite, rendu des couleurs pianistiques et orchestrales… Tout est là pour nous éblouir d’une lumière nette, avec des ombres franches… Le Philharmonique de Vienne déroule sa sonorité pleine avec générosité sous l’autorité souveraine d’un Pollini rayonnant. Dieu que tout cela est beau !
On reste notamment cloué d’admiration pour l’interprétation qu’il nous délivre du fabuleux andante du concerto en sol majeur, mouvement incarnant si parfaitement l’ambiguïté mozartienne.
Pollini, comme Arrau, fait partie de ces grands maîtres qui n’acceptent aucune concession et sont d’une droiture implacable au service de la musique.
Lien vers l’ePlayer du site Deutsche Grammophon pour savourer des extraits.
Nouvelle référence discographique absolue.