Ecoute de l'intégrale Mozart - Thème 2 : le style galant des Sérénades
Deux CDs extraits du fameux coffret rubis de Brilliant Classics (35 ans de génie - 170 CDs - 4 Kg de musique…) : CDs 7 et 8 du volume 3 consacré aux sérénades, divertimenti et dances… Distribution a priori alléchante : Sir Colin Davis à la Direction de l’Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise (“Symphonie-orchester des Bayerischen Rundfunks” pour ceux qui veulent épater la galerie en allemand…).
Tout d’abord, la fameuse Sérénade Haffner (K250) en ré majeur, particulière parmi les oeuvres cérémoniales ou galantes de circonstance écrites par Mozart car d’une ampleur toute symphonique (orchestration digne d’une symphonie et durée de… près de 55’…). Colin Davis dirige cette Sérénade avec un goût sûr, une certaine fermeté rythmique mais tout en équilibre et en subtilité. Les violons sont aériens et les phrasés sont d’une élégance indéniable. Tout cela est parfaitement réglé, sans excès, avec beaucoup de tenue, tout à fait dans l’esprit galant de cette oeuvre. Comme toujours avec Mozart, il faudra simplement “écouter entre les lignes” car s’il compose avec le style galant, c’est pour mieux le détourner subtilement de son carcan “cérémonial” en insufflant une fraîcheur, et surtout une virtuosité étonnantes… Colin Davis, avec un certain second degré, a parfaitement intégré ce point.
On reste attendri par le superbe Adagio-Allegro Assai qui ponctue la Sérénade. Lien vers le site MOZART.AT pour la petite piqûre de rappel sur la Haffner…
L’attention est ensuite surtout retenue à l’écoute de l’étonnante Sérénade Posthorn K 320 en ré majeur (littéralement cor de postillon… car le dernier Menuet de cette Sérénade donne la part belle à cet instrument).
L’adagio maestoso d’introduction affiche tout de suite une intensité dramatique étonnante. Sa théâtralité est digne… d’une ouverture d’un des grands opéras de Mozart. La singularité de cette sérénade réside aussi dans l’intéressant Andante grazioso , mouvement concertant pour instruments à vents (flûtes, hautbois, bassons et cors) qui se font échos dans quelques passages presque récitatifs et surtout le Rondeau , assez enjoué avec un dialogue léger et aérien entre la flûte et le hautbois.
L’andantino en ré mineur apporte une touche particulièrement sombre, presque angoissée, au climat typique des mouvements les plus poignants de Mozart (similitude troublante des dix premières mesures avec celles de l’andante du 22ème concerto en mi bémol majeur !). Le Final est archi-classique, presque “haydnien”.
Cette splendide sérénade est vraiment à écouter avec attention car elle tient une place toute particulière et se révèle finalement comme un concentré des différents climats musicaux typiquement mozartiens que l’on retrouvera plus tard dans ses symphonies, opéras ou concertos.
Belle interprétation, légère, avec une grâce certaine, de Colin Davis avec le même ensemble orchestral cité précédemment. Un beau 8/10…
Pour se faire une idée des différents mouvements de cette Sérénade, lien vers le site MOZART.AT (interprétation différente de celle de Colin Davis… mais déjà une bonne mise en bouche…).
Affaire à suivre au prochain tirage d’un des 170 CDs…
