Cantates de Bach - Volume 33 : Suzuki continue à nous éblouir
Je ne tarirai jamais d’éloges sur l’intégrale en cours des Cantates de JS Bach par Masaaki Suzuki à la tête du Bach Collegium Japan. Les visiteurs du blog me pardonneront certainement d’être un peu répétitif dans mon enthousiasme, mais tout de même !
Le Volume 33 de l’intégrale , toujours dédié aux cantates de Leipzig dans l’ordre chronologique (on en est à l’année 1725), est tout à fait dans la lignée des éditions précédentes. Dès les premières mesures, on y reconnaît la touche subtile et inspirée du chef Japonais et on est ébloui par la justesse de son propos. La ligne est toujours tendue comme il faut, les phrasés parfaitement maîtrisés. Il respecte et restitue à merveille la géniale écriture du Cantor. Je trouve qu’il est certainement le premier interprète à nous éclairer autant sur toutes les facettes liées à l’inspiration divine de ces oeuvres.
Pour une fois, Masaaki Suzuki a également pris le parti de changer sa distribution de solistes en proposant Dominik Wörner comme basse en remplacement de Peter Kooij. Ce dernier est l’un des piliers des interprétations des cantates depuis près de vingt cinq ans (aussi bien avec Philippe Herreweghe qu’avec Masaaki Suzuki) et a une parfaite maîtrise de ce répertoire. Force est toutefois de constater que, malheureusement, sur les derniers volumes de l’intégrale, il s’est montré peut-être un peut trop routinier et décalé par rapport à la dynamique insufflée par le chef. Cette nouvelle intervention de Dominik Wörner, plus vive et alerte, est là pour nous le rappeler.
Sur ce volume, la plus belle cantate est sans aucun doute la première présentée (Cantate BWV 33 - Jesu, nun sei Gepreiset - “Jésus, soit glorifié”). Le splendide choeur d’introduction d’une grande ampleur, fait littéralement démarrer cette cantate du nouvel an en fanfare. Il s’agit certainement d’un des chorus d’introduction les plus longs que je connaisse et on en savoure d’autant plus son plaisir. Un autre nouveau chanteur dans la distribution (le ténor Jan Kobow) interprète la belle aria “Woferne du den edlen Frieden” avec recueillement et intelligence. Il est très juste et convainquant. Cette cantate est vraiment majestueuse.
Sinon, on retiendra également la cantate,, plus connue, BWV 130 - Herr Gott, dich loben alle wir - “Seigneur Dieu, nous telouons tous” , elle aussi dans une veine assez expressive et guidée par une certaine ampleur. Je trouve très bonne l’interprétation de Dominik Wörner sur l’aria pour basse “Der alte Drache brennt vor Neid”. Sur un ton résolu et affirmatif, il redouble de virtuosité avec les trompettes, elles aussi vives et éclatantes, tout ceci sous le rythme presque martial des timbales.
L’Aria suivante, dialogue entre le ténor et la flûte, est, quant à elle, d’une tonalité radicalement différente. Elle s’inscrit sous le signe d’une certaine légèreté, voire de la galanterie, ce qui est assez rare dans le corpus des cantates de JS Bach. Belle interprétation également.
Ce volume, avec ces deux cantates festives et rayonnantes, est exemplaire, et Masaaki Suzuki a certainement trouvé dans ce quatuor vocal un équilibre qu’il n’avait pas atteint dans les volumes précédents. Yukari Nonoshita (soprano) et et Robin Blaze (contre-ténor), devenus des piliers de l’intégrale, fournissent une prestation très correcte.
On n’en n’est qu’à une bonne moitié de l’intégrale. Gageons que ce éminent chef continuera à nous restituer les cantates des futurs volumes dans leur plénitude !
Cantates de JS Bach - volume 33 - Cantates BWV 41, 92 et 130 - Leipzig 1725 - Masaaki Suzuki - Bach Collgium Japan - Yukari Nonoshita, Robin Blaze, Jan Kobow - Dominik Woerner - Label BIS