Ecoute de l'intégrale Mozart : thème 9 : 'plaisanterie musicale' K 522
Je retire du coffret rubis de 4kg de Brilliant Classics le CD2 du Volume 3 et décide d’écouter cette fameuse “plaisanterie musicale” (Musikalischer Spass) en fa majeur K 522.
L’interprétation de dass Kurpfälisches Kammerorchester de Mannheim , sous la direction de Florian Heyerick est légère, assez second degré, ce qui est bien.
Introduite par un Allegro tout ce qu’il y de plus conventionnel, l’ensemble nous emmène ensuite sur le terrain au combien glissant et surprenant d’un Menuet , avec des fausses notes bien inscrites dans la partition, notamment pour les cors.
Selon l’interprétation sémantique de “Spasse” on peut opter pour la traduction officielle de plaisanterie, ou bien badinage, voire clownerie. L’ensemble (dont je ne reprendrai pas le nom de peur d’allonger cette note) a bien pris l’option la plus maîtrisée de plaisanterie, sans effets de manche. Le côté “décalé” de cette pièce se suffit à lui-même. Il n’est pas nécessaire d’en rajouter.
Le solo de violon sur l’Adagio Cantabile , avec le violoncelle en écho, a quelque chose du musicien un peu planant qui aurait… pris un verre de trop. La cadence finale au minutage 5‘40’’ est irrésistible avec un pizzicato incongru et loufoque.
Le Presto demande un peu de patience pour savourer les deux dernières mesures qui filent littéralement dans le décor. Splendide de dérision.
Cette interprétation, fidèle au texte, se défend car elle prend une tournure un peu “British” tout en décalage, avec une certaine finesse.
Cet exercice de dérision musicale n’est pas uniquement l’apanage de Mozart. Par exemple, le grand et austère Haydn a émaillé ses créations de ce genre de farces, notamment dans certaines de ses symphonies. A noter, le mouvement de l’une d’entre elles où l’orchestre s’arrête carrément pour permettre au premier violon de s’accorder.
Quant à l’explication historico-freudienne de Jean et Brigitte Massin sur la composition de cette plaisanterie musicale (Mozart “tue le père”, composant cette parodie avec une référence ostensible à son père Léopold Mozart - pages 1044 et 1045 de l’édition d’août 1990 - Fayard), je vous laisse libre de votre propre interprétation.
La version de la petite Musique de nuit (qui souvent est couplée avec cette pièce) est tonique et menée à un tempo auquel on est peu habitué. Pourquoi pas. La beauté de la composition (même si elle a martelé nos oreilles comme tous les “tubes” de musique classique) demande tout de même qu’on s’y attarde un peu plus. C’est quand même énervant ces chefs qui ont en permanence un train à prendre…
NB : on peut également écouter dans cette intégrale le Galimatias musicum K 32 , composé par Mozart à l’âge de 10 ans.
Il est possible d’écouter l’intégrale de cette musikalischer Spass K 522 sur le site mozart.at dans une interprétation différente.
Bonne écoute.