Intégrale idéale des 5 concertos pour piano et orchestre de Beethoven
Je vous propose un petit exercice dont vous me pardonnerez la complète subjectivé : se constituer son intégrale idéale des cinq concertos de Beethoven.
Après avoir écouté Backhaus, Arrau, Michelangeli, Pollini, Brendel, Perahia, Duchâble et bien d’autres, ma proposition est la suivante :
- le 1er concerto en ut majeur : Arturo Benedetti Michelangeli / Carlo Maria Giulini / Orchestre Pilharmonique de Vienne (label DG - enregistrement “live”): classicisme absolu, grandeur et hiératisme, avec un Giulini apportant la touche de souplesse qui permet d’arrondir un tout petit peu les angles saillants mais si fascinants du jeu du pianiste - l’enregistrement live confère à ce concert une réelle tension,
- le 2ème concerto en si bémol majeur : Maurizio Pollini / Eugen Jochum / Orchestre Philharmonique de Vienne (label DG),
- le 3ème concerto en ut mineur : Arturo Benedetti Michelangeli / Carlo Maria Giulini / Orchestre Pilharmonique de Vienne (label DG - enregistrement “live” - couplé avec le 1er indiqué ci-dessus) : même raison que pour le 1er. Cette approche fournit une lecture du 3ème d’une tenue irréprochable,
- le 4ème concerto en sol majeur : Wilhelm Backhaus / Sir Landon Ronald / London Symphony Orchestra (label Biddulph) : Whilhelm Backhaus est, à mon sens, le seul pianiste à faire ressortir toute la dimension métaphysique du plus atypique et du plus fascinant des cinq concertos,
- le 5ème concerto “L’Empereur” : Claudio Arrau / Sir Colin Davis / Staatskapelle de Dresde (label Philips). Cette version éclatante, lumineuse et incisive est celle d’un pianiste de 85 ans, servi par l’une des plus grandes phalanges européennes réputée pour ses sonorités denses et vives, sous la direction d’un chef à la subtilité inégalée.
Quitte à ne retenir qu’une intégrale du même interprète, c’est celle de Claudio Arrau avec Colin Davis qui maintenant m’accompagne fidèlement.
Quant à celle qui, en dépit des critiques élogieuses, m’a le plus agacé, c’est bien celle d’Alfred Brendel avec Simon Rattle et un Philharmonique de Vienne exagérément électrisé.