Edition spéciale Rostropovitch, le violoncelle du siècle
Un ami qui m’est vraiment très cher (François qui se reconnaîtra) m’a offert ce très intéressant coffret : Mstislav Rostropovitch, le violoncelle du siècle , édition spéciale EMI.
Ce coffret de 3 CDs regroupe pas moins de 33 extraits d’interprétations très diverses qui illustrent l’immense étendue de l’art de Rostropovitch.
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les interprétations de Rostropovitch sur les concertos célèbres comme celui de Haydn (avec l’ensemble Academy of Saint Martin-in-the-Fields) et que j’avais déjà évoquée dans la note du 2 janvier 2007, ceux de Saint-Saens et Dvořák avec Carlo Maria Giulini et surtout le double de Brahms pour violon et violoncelle avec Itzhak Perlman et Bernard Haitink à la tête du Concertgebouw d’Amsterdam. L’extrait choisi est l’Allegro , fulgurant et tendu à souhait mais avec d’un lyrisme inégalé. J’ai toujours cet enregistrement sous forme de disque vinyle. Un de mes premiers grands chocs musicaux.
Pour continuer sur le mode concertant, au chapitre cette fois des découvertes, j’ai noté le même
double concerto de Brahms mais avec David Oistrakh et George Szell à la tête de l’Orchestre de Cleveland. L’extrait choisi est le finale : V ivace non troppo. Les interprètes nerveux avec leurs archets acérés font fi du terme “non troppo” ! On reconnaît d’emblée la sonorité vive et lumineuse de David Oistrakh qui complète à merveille le timbre du violoncelle de Rostropovitch. Autre découverte étonnante, la version du triple concerto de Beethoven avec (excusez du peu), le même David Oistrakh, Sviatoslav Richter (déconcertant) au piano et Herbert von Karajan à la baguette (et bien-sûr le Philharmonique de Berlin). Cette version a quelque chose de primesautier, presque ironique !
Enfin parmi les raretés intéressantes (à condition d’aimer quelquefois l’inconfort des sonorités d’anciens enregistrements monos type “vieilles cires”) : une suite pour violoncelle seul de Benjamin Britten, la 1ère Bachianas brasileiras d’Heitor Villa-Lobos, le Schelomo d’Ernest Bloch ou bien des transcriptions de pièces de Claude Debussy (dont le fameux Clair de Lune des Suites Bergamasques).
C’est indéniablement un beau coffret qui illustre à quel point la voix du violoncelle de Rostropovitch était la prolongation naturelle de son âme. A ma connaissance, jamais un violoncelliste n’est parvenu à un tel niveau de fusion avec son instrument. Il est d’ailleurs révélateur que le coffret s’intitule Rostropovitch, le “violoncelle” du siècle.
Merci encore François pour cette superbe compilation, hautement recommandable.
Edition spéciale - Mstislav Rostropovitch - Le violoncelle du siècle - Label EMI.