Le Poisson Rêveur

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La 6ème symphonie de Bruckner par Michael Gielen : une nouvelle voie

27 mars 2007 · Le Poisson Rêveur

Dans la note du 26 décembre 2006, j’avais tenté de mettre en évidence comment, avec les approches esthétiques différentes des trois chefs mentionnés (Günter Wand, Philippe Herreweghe et Nicolaus Harnoncourt), les 4ème, 5ème et 7ème symphonies d’Anton Bruckner nous étaient restituées. On dispose, à chaque fois, d’une lecture si spécifique mais si passionnante de l’univers brucknérien.

Il convient naturellement d’ajouter une nouvelle approche, encore différente et tout aussi captivante : celle enregistrée par Michael Gielen* en 2001, à la tête de l’Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden, dirigeant *la 6ème symphonie en la majeur.

Bruckner6__gielen En première approche, on est marqué par la sérénité impressionnante de cette interprétation, le côté inébranlable, évident de la rythmique, du déroulement du récit. C’est l’opposé même de la noirceur et du chaos d’un Harnoncourt qui nous est proposé et plutôt une sorte de synthèse entre la plasticité, la dynamique d’un Celibidache et la fermeté, netteté d’un Wand. Michael Gielen est peut-être le seul à apporter une touche qui n’a jamais vraiment été restituée par les chefs précédents, à savoir quelque chose de presque jubilatoire dans les développements répétitifs, les envolées de la masse orchestrale, propres aux symphonies massives de Bruckner.

Le premier mouvement (Majestoso), est pris à la lettre par le chef. Il se déploie avec ampleur tout en ne délaissant pas la nervosité de la ligne insufflée dès les premières mesures. Les phrases sont, tout comme chez Wand, détourées avec netteté. L’orchestre est dense, vif et le caractère obsessionnel du rythme brucknérien est parfaitement rendu, jamais mécanique. Le son est somptueux, quelquefois coloré. C’est un Bruckner volontaire, décidé, positif et guidé par la lumière qui nous est proposé. L’Adagio est d’une densité incroyable.

L’orchestre sonne de façon exemplaire avec un timbre d’une grande beauté.

Michael Gielen a donc trouvé une alchimie particulière associant puissance, dynamique, vivacité et un brin de détachement, qui pourrait même frôler une forme… d’ironie. A méditer et surtout écouter attentivement.

Cette symphonie est couplée avec l’étrange transcription faire par Arnold Schönberg pour Orchestre du Prélude et fugue en mi bémol majeur de JS Bach.

6ème symphonie en la majeur d’Anton Bruckner - Transcription d’Arnold Schönberg pour Orchestre du Prélude et fugue en mi bémol majeur de JS Bach - Michael Gielen - Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden - Label Hänssler Classic.